Maersk annonce un transport maritime sans émission de CO2 en 2050

 

Le numéro un mondial de la ligne maritime régulière a annoncé vouloir opérer une flotte de navires sans combustible fossile d'ici trente ans. Maersk appelle tous les acteurs du secteur à se fédérer autour de cet objectif crucial dans la lutte contre le changement climatique.



Le numéro un mondial veut initier l'une des plus grandes révolutions du transport maritime © Maersk
Le numéro un mondial veut initier l'une des plus grandes révolutions du transport maritime © Maersk
C'est peut-être une révolution qui se prépare. Maersk a annoncé vouloir réduire à zéro ses émissions de dioxyde de carbone d'ici 2050. Une telle déclaration n'engage à rien mais elle pourrait bien initier un changement de cap majeur pour le secteur du transport maritime et la lutte contre le changement climatique. 
"Le climat est l'une des questions les plus importantes dans le monde et la ligne régulière est vitale dans la recherche de solutions", explique le groupe armatorial. 
Celui-ci dit avoir réduit de 46 % ses émissions de CO2 par conteneur transporté entre 2007 et 2018, "environ 9 % de plus que la moyenne du secteur". CMA CGM parle, lui, d'une diminution de 50 % de ses émissions relatives entre 2005 et 2015. Mais "étant donné que le commerce mondial et donc les volumes transportés continuent d'augmenter, les gains d'efficacité basés sur les technologies fossiles actuelles ne peuvent que maintenir les émissions, pas les réduire significativement ni les éliminer, estime Søren Toft, directeur de l'exploitation d'AP Møller-Maersk. La seule voie possible pour atteindre la nécessaire décarbonation de notre secteur est de muter complètement vers de nouveaux combustibles et chaînes d'approvisionnement neutres en carbone". 

Vers un effet d'entraînement ? 

Cette annonce intervient quelques jours après la communication de la Commission européenne le 29 novembre de viser la neutralité carbone d'ici 2050, alors que l'accord de Paris a fait date et que l'urgence climatique semble prise au sérieux par un nombre d'acteurs publics et privés toujours plus important. 
Malgré les immenses progrès technologiques restant à accomplir, les raisons de croire en un effet d'entraînement existent. D'abord car Maersk est le leader mondial d'un secteur, la ligne maritime régulière, qui transporte quelque 80 % des biens échangés sur la planète. 
Les "global carriers" influencent les tendances du marché tout entier. Ils ont un impact déterminant sur l'évolution de la taille et de la conception des navires, des capacités mises sur le marché et des taux de fret. Ils peuvent donc être moteurs sur l'impact environnemental du secteur.
 


"Les cinq à dix prochaines années seront cruciales"


Maersk opère aujourd'hui 18 % de la capacité mondiale de porte-conteneurs. Quelque 56 % de la flotte globale est détenue par les quatre premiers armateurs, 75 % par les sept premiers et 82 % par les dix premiers. Et ces "premiers de cordée" ont l'habitude de se marquer à la culotte. 
La communication de Maersk est susceptible de donner une impulsion verticale en trouvant une résonance dans la construction navale, la fourniture d'énergie, etc. On peut imaginer les chantiers et motoristes se mobilisant pour fournir au numéro un mondial de la ligne régulière les moyens de tenir son objectif. 

Le temps presse 

C'est ce que souhaite le géant danois, qui appelle toutes les parties prenantes du secteur – chercheurs, concepteurs, investisseurs, chargeurs et législateurs – à s'engager pour soutenir sa décarbonation totale : "La R&D est la clé pour faire sortir le transport maritime des énergies fossiles", affirme le groupe danois. L'impact pourrait être aussi horizontal, vers le reste de la chaîne d'approvisionnement. 
En considérant la durée de vie moyenne d'un navire, 20 à 25 ans, et le rythme de renouvellement de sa flotte, Maersk estime que, pour atteindre son objectif, les navires neutres en carbone doivent être "commercialement viables" d'ici 2030. Un rapide bond technologique est donc nécessaire. 
"Les cinq à dix prochaines années seront cruciales, annonce Maersk. Nous investirons des montants significatifs pour l'innovation afin d'améliorer la viabilité technique et financière des solutions décarbonées". Le groupe explique s'être déjà engagé dans cette voie avec un milliard de dollars investi et plus de cinquante ingénieurs embauchés chaque année depuis quatre ans. Cependant, "nous ne pourrons pas aller plus loin seuls", prévient Søren Toft. 

Le GNL déjà condamné ? 

Les velléités de Maersk vont-elles étouffer dans l'œuf le développement de la propulsion des navires au gaz naturel liquéfié, qui est l'alternative au fuel la plus en vue ? Le GNL réduit pratiquement à néant les émissions de particules fines, de soufre et d'oxydes d'azote mais il ne fait baisser que de 20 % celles de CO2. 
Tandis que le premier gros porte-conteneurs au GNL n'est pas encore sorti de son chantier naval et que les ports investissent pour fournir le soutage, l'annonce de Maersk, qui n'a pas misé sur cette technologie, pourrait déjà la reléguer au rang de solution dépassée. 
Conscient de l'ampleur démesurée de la tâche, Maersk invite "toutes les parties intéressées" à changer de braquet, avec des solutions différentes des transports terrestres et aériens : "On attend des futurs camions électriques qu'ils puissent transporter un maximum de 2 EVP sur 800 km avec une charge. Un porte-conteneurs transportant des milliers de boîtes entre Panama et Rotterdam parcourt 8.800 km. Avec des batteries de faible capacité et aucun point de chargement sur le parcours, des avancées innovantes sont impératives". 
Pour y parvenir, Maersk se dit prêt à initier en 2019 un dialogue ouvert et coopératif avec toutes les bonnes volontés "pour s'attaquer ensemble à la problématique du changement climatique".
 

 

Franck André

 

Jeudi 6 Décembre 2018

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